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    UTMB 2026 : la méthode d'entraînement de Ben Dhiman

    UTMB 2026 : Ben Dhiman gagne en 18h16. Bloc continu sans affûtage, marche avec bâtons, 30 % de D+ en plus, moins de seuil : sa préparation.

    Etienne Gabriel
    Etienne Gabriel

    Kinésithérapeute du sport & Préparateur physique · 1 octobre 2026 · 6 min de lecture

    UTMB 2026 : la méthode d'entraînement de Ben Dhiman

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    Sommaire de l'article6 parties

    Ben Dhiman a remporté l'UTMB 2026 en 18h16'29. Premier coureur sous les 19 heures sur la boucle du Mont-Blanc, plus de 30 minutes d'avance sur le deuxième. Et c'était sa quatrième tentative : abandon en 2023, abandon en 2024, deuxième en 2025.

    Ce qui a changé entre ces échecs et la victoire, il l'a expliqué en détail dans sa newsletter The Speedhiman et dans les interviews d'avant et d'après course. Pas de séance miracle. Trois choix de planification, assez simples sur le papier : un seul bloc continu jusqu'à l'UTMB, un vrai travail de marche active, et un dosage volume/intensité inversé par rapport à ses habitudes. Plus une façon très personnelle de s'entraîner sans coach.

    Un seul bloc continu, sans affûtage classique

    Le schéma habituel d'une saison d'ultra, c'est bloc, affûtage, course, récupération, puis nouveau bloc. Dhiman l'a abandonné. Sa saison 2026 est construite comme une seule progression, avec la Transvulcania puis le 90 km du Mont-Blanc comme courses intermédiaires.

    « Je voulais enchaîner deux blocs, l'un après l'autre, avec le 90 km du Mont-Blanc entre les deux. Mais je voulais vraiment que ce soit un seul bloc continu. »

    Ben Dhiman (traduit de l'anglais, iRunFar)

    Concrètement, il s'entraîne jusqu'à la course sans affûtage marqué, prend une semaine de récupération, puis reprend là où il s'était arrêté. Le 90 km n'est pas un objectif en soi. C'est une séance longue en conditions de course, placée dans la montée en charge vers l'UTMB. Il y termine d'ailleurs deuxième, à 40 secondes du vainqueur.

    Ce choix a un coût : on accepte de ne pas être à 100 % sur les courses secondaires. En contrepartie, la charge chronique ne redescend jamais vraiment, et le coureur arrive sur son objectif principal avec plusieurs mois de travail ininterrompu.

    Entraîner la marche autant que la course

    Le 90 km du Mont-Blanc lui révèle aussi une lacune. En 2025, Dhiman pensait l'UTMB comme une course à pied et évitait de marcher à l'entraînement. En 2026, il fait l'inverse : bâtons et sac chargé comme le jour J, systématiquement sur les pentes raides des Pyrénées où il vit.

    Son raisonnement tient en un chiffre :

    « On doit courir peut-être 40 à 50 % du dénivelé, mais certainement pas plus de 5 000 ou 6 000 mètres. Le reste, c'est de la marche. »

    Ben Dhiman (traduit de l'anglais, iRunFar)

    Sur une course de près de 10 000 m de D+, la marche active représente donc une grande partie de l'effort réel. Ne pas l'entraîner, c'est découvrir le jour de la course un geste qu'on n'a jamais travaillé, avec des bâtons qu'on manie mal.

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    Plus de dénivelé, moins de travail au seuil

    Sur les 12 semaines avant la course, Dhiman augmente son dénivelé d'environ 30 % par rapport à la même période de 2025, et réduit nettement son travail au seuil. Certaines semaines dépassent 200 km pour 13 000 à 14 000 m de D+.

    Volume hebdomadaire Strava de Ben Dhiman avant l'UTMB 2026 : semaine record de 215,89 km et 13 025 m de dénivelé
    Volume hebdomadaire Strava de Ben Dhiman avant l'UTMB 2026 : semaine record de 215,89 km et 13 025 m de dénivelé

    Sur cette capture, on voit la semaine la plus chargée, trois semaines avant la course : 216 km, 25 h 36 et 13 025 m de D+. Le creux de fin juin et début juillet correspond à la période du 90 km du Mont-Blanc et de la semaine de récupération. Juste après, le volume repart au niveau d'avant la course.

    Il privilégie donc un travail spécifique à l'objectif, avec des sorties longues et du dénivelé, plutôt que de l'intensité. Chez un athlète qui a déjà une base aérobie très large, l'accumulation prime. Ce qui limite la performance sur 18 heures, c'est la résistance à la fatigue et la tenue musculaire en descente, pas la vitesse au seuil.

    Ce raisonnement ne vaut pas pour tout le monde. Un coureur qui découvre l'ultra avec une base aérobie limitée tirera souvent plus de bénéfice d'un peu d'intensité bien placée. Le principe à retenir, c'est la spécificité : l'entraînement doit ressembler à la course visée.

    S'entraîner sans coach, mais pas sans cadre

    Dhiman se coache lui-même. Il parle de s'entraîner « dans le sens du grain plutôt qu'à contre-courant » (traduit de l'anglais, For The Long Run) : certaines personnes ont besoin d'une routine très structurée, d'autres fonctionnent mieux avec davantage de liberté.

    Pour lui, une séance facile peut simplement consister à prendre plaisir à courir, explorer un nouvel itinéraire, écouter de la musique. En revanche, il garde quelques séances non négociables dans la semaine : deux journées consacrées à un travail plus difficile, plus long ou plus rapide. Le reste s'ajuste selon les sensations.

    Ce fonctionnement repose sur des années d'expérience et une connaissance fine de ses propres signaux. Pour un coureur amateur, la liberté sur les séances faciles marche bien. Les séances clés, elles, méritent d'être planifiées et protégées.

    Ce qu'un coureur amateur peut reprendre pour son ultra

    L'UTMB fait environ 175 km autour du massif du Mont-Blanc. Personne ne va copier 200 km par semaine. Mais la logique de préparation se transpose :

    • Penser la saison autour d'un objectif principal, et utiliser les courses intermédiaires comme des séances longues plutôt que comme des objectifs à affûter.
    • Entraîner la marche avec bâtons et sac sur les pentes raides, dès le début du bloc spécifique.
    • Faire monter le dénivelé progressivement, en surveillant la sortie la plus longue plus que le total hebdomadaire.
    • Préparer les descentes, qui pèsent lourd sur un ultra (voir notre article sur la descente en trail).
    • Garder deux séances clés par semaine et laisser le reste souple.

    Notre guide de la planification de l'entraînement détaille la construction des blocs, et l'article sur les déterminants de la performance en trail aide à choisir quoi travailler en priorité.

    Questions fréquentes

    Quel temps a réalisé Ben Dhiman à l'UTMB 2026 ? 18h16'29, le meilleur temps jamais réalisé sur la course. Il est le premier à passer sous les 19 heures et le deuxième Américain vainqueur chez les hommes après Jim Walmsley en 2023.

    Ben Dhiman a-t-il un coach ? Non, il se coache lui-même. Il garde deux séances difficiles non négociables par semaine et ajuste le reste selon ses sensations.

    Combien de kilomètres par semaine pour préparer l'UTMB comme Ben Dhiman ? Ses plus grosses semaines dépassent 200 km et 13 000 m de D+. Ces volumes sont ceux d'un athlète professionnel avec des années de charge accumulée : un amateur doit partir de son propre historique, pas de ces chiffres.

    Faut-il marcher à l'entraînement pour un ultra-trail ? Oui, dès que la course comporte des pentes raides. Dhiman estime qu'on ne court que 40 à 50 % du dénivelé de l'UTMB : la marche avec bâtons se travaille comme n'importe quel autre geste.

    Entre sa deuxième place de 2025 et le record de 2026, Dhiman n'a pas trouvé de séance nouvelle. Il a changé sa planification : une seule progression jusqu'à l'UTMB, beaucoup de marche avec bâtons, plus de dénivelé et moins de seuil. Pour nous, c'est la leçon à retenir : un plan d'ultra se juge à sa ressemblance avec la course, pas à la dureté des séances.

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